Les mensonges enseignés au nom de la science

//Les mensonges enseignés au nom de la science

liarCe lundi, mon professeur de droit a commencé son cours en parlant des contrats en droit anglais (Common law) en nous informant sur la méthode des cas.
La méthode des cas cherche à comprendre le droit contractuel en examinant presque exclusivement les décisions venant de cours d’appel du droit anglais. Il s’agit d’une bonne méthode pour comprendre le droit contractuel, car elle nous permet de prédire les décisions de la cour. Cependant, mon professeur a également pris le temps de souligner les limites de cette approche, démontrant pourquoi un sociologue, un économiste, ou un administrateur trouverait cette méthode inacceptable ou incomplète pour sa discipline.
1. En n’examinant que les décisions d’appel, nous nous limitons aux contrats qui mènent à un conflit. Or, les contrats existent généralement justement pour éviter les conflits. Ainsi, la méthode des cas examine uniquement les contrats qui ont échoué dans leur objectif. On ignore tous les contrats qui ont bien rempli leur fonction.
2. On ignore tous les contrats dont la valeur n’était pas suffisamment importante pour justifier les coûts d’ester en justice.

3. On ignore tous les cas où il y a eu des règlements hors cour.

4. On ignore toutes les décisions qui n’ont pas été portées en appel.
5. On ne regarde pas les différends entre ceux qui ont des objections morales ou culturelles contre la poursuite en justice.
Bref, lorsqu’on constate tous ces filtres, on réalise que la méthode des cas examine presque uniquement les contrats entre hommes d’affaires blancs et riches, non pas parce que ceux-ci sont les seuls à rédiger des contrats, mais parce que les outils qu’on a choisis pour analyser la matière nous limitent presque exclusivement à ceux-ci. Mais pour les avocats (surtout en droit contractuel), encore généralement payés par des hommes blancs et riches, dont le métier est de prédire les décisions des tribunaux, il s’agit d’une bonne méthode !

Voilà une loi universelle qui s’applique à toute étude sur la réalité. En fait, ce même professeur a terminé son exposé en disant exactement cela. Il n’existe tout simplement pas d’outil qui nous permette d’examiner la réalité complètement et objectivement comme elle est vraiment. Nous n’avons que des méthodes qui reposent sur de nombreuses suppositions qui ne peuvent être prouvées. Tout outil est relatif et limité dans sa faculté d’analyser la réalité. En attribuant une certaine infaillibilité ou omniscience à une méthode quelconque, on sort de l’empirisme et on entre dans le domaine de la philosophie et de la foi.

Premier mensonge : la science est parfaitement objective
Les philosophes sont tous d’accord pour dire que la méthode scientifique est également soumise à cette règle. Contrairement à ce qu’on cherche constamment à nous faire croire, la science n’est pas cette institution parfaitement objective et désintéressée qui voit la réalité exactement comme elle est. Stephen J. Gould de l’Université Harvard, grande autorité scientifique du 20e siècle, l’admet franchement.

« Nos méthodes pour apprendre sur le monde sont fortement influencées par des idées sociales préconçues et des modes de pensée biaisés que chaque chercheur doit appliquer à n’importe quel problème. Le stéréotype d’une « méthode scientifique » totalement rationnelle et objective, avec des scientifiques semblables à des robots logiques (et interchangeables), n’est qu’un mythe servant les intérêts de ceux qui le propagent. Le mythe d’un mode séparé fondé sur l’objectivité rigoureuse et mystérieuse, des connaissances largement mathématiques, daignées seulement aux initiés, peut fournir des avantages immédiats à embobiner un public dans la conviction que nous sommes un nouveau sacerdoce… le mythe du sacerdoce arcane et éclairé des scientifiques… »
-Gould, Stephen Jay, In the Mind of the Beholder, Natural History103(2):14–16, 14 Feb. 1994.

Pourtant, ce mythe est sans cesse renforcé. La science est présentée comme étant bien plus qu’une méthode parmi tant d’autres pour découvrir le monde. En effet, on suppose qu’elle est la méthode par excellence. Elle est faussement opposée à la religion qui elle n’est (supposément) que purement subjective. Il faut cependant reconnaître que lorsqu’on commence à entendre des déclarations qui attribuent ce genre d’objectivité parfaite à la science, c’est qu’elle est elle-même devenue une religion, un métanarratif. Voilà comment la science est perçue par un grand nombre de ses praticiens.

Selon Michael Shermer, président de la société des sceptiques

« Darwin est important parce que l’évolution l’est. L’évolution est importante parce que la science est importante. La science est importante parce qu’elle est l’histoire par excellence de notre époque, une saga épique sur qui nous sommes, d’où nous venons, et où nous allons. » (Débat avec Jonathan Wells, Pourquoi Darwin est important, à l’institut CATO 2006, http://creation.com/redirect.php?http://www.cato.org/realaudio/cbf-10-12-06.ram)

« Nous prenons le côté de la science (la religion de la science et non la méthode scientifique) en dépit de l’absurdité de certaines de ses constructions, en dépit de son incapacité à répondre à plusieurs de ses promesses extravagantes concernant la santé et la vie, en dépit de la tolérance de la communauté scientifique pour des histoires sans fondement, parce que nous avons un engagement préalable, un engagement au matérialisme.

« Ce n’est pas que les méthodes et les institutions de la science nous contraignent en quelque sorte à accepter une explication matérielle du monde phénoménal, mais, au contraire, que nous sommes forcés par notre adhésion a priori à des causes matérielles de créer un appareil de recherche et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérielles, même si cela produit des résultats contre-intuitifs, mystifiant pour les non-initiés. De plus, le matérialisme est une nécessité absolue, car nous ne pouvons pas permettre au divin de mettre son pied dans la porte. » — Michael Lewontin, New York Review, p.31, 9 janvier 1997

Manifestement, la science est pour ces gens plus qu’une méthode pour étudier l’univers. C’est une religion. Je n’ai rien contre l’idée que la science puisse être une religion, mais je suis contre l’idée qu’on présente la religion de la science comme étant prouvée par l’expérimentation scientifique. C’est là un des grands mensonges de l’époque moderne.

Ainsi, les élèves de niveau secondaire trouvent dans leurs livres :

« Darwin savait que l’acceptation de sa théorie nécessiterait l’acceptation du matérialisme philosophique, la conviction que la matière est la substance de toute existence et que tout phénomène mental et spirituel est son sous-produit.

[…] Dans le monde de Darwin, nous ne sommes pas prisonniers sans défense d’un ordre mondial statique, mais, plutôt, les maîtres de notre propre destin. » -Biology: Discovering Life (2nd ed., Heath & Co., 1994, p. 161) Joseph Levine and Kenneth Miller

On présente encore une fois la science comme étant plus qu’une méthode. Il s’agit d’un narratif religieux qui affecte notre conception de nous-mêmes. Cette même propagande se trouve souvent au niveau post-secondaire.

On a posé une question au professeur biologiste athée de l’Université du Minnesota, Paul Z. Myers : « Quelle est votre priorité : faire avancer l’athéisme ou faire progresser la compréhension publique de la science ? Ou voyez-vous ces deux éléments comme une seule et même chose ? » Il a répondu, « Ils sont inséparables ».

Avec cette attitude, on peut comprendre pourquoi différentes autorités scientifiques comme Gould et Zivkovic se donnent le droit d’enseigner des mensonges aux étudiants pour répandre cette religion.

« Nous ne pouvons pas accabler les enfants avec la vérité (ou insulter leur religion, c’est-à-dire, celle de leurs parents et amis) et espérer qu’ils souriront et nous croiront. Bien sûr que la science et la religion ne sont pas deux disciplines complètement séparées, mais leur faire croire qu’elles le sont est un bon moyen de gagner leur confiance. Vous devez les mettre de votre côté, gagner leur confiance, puis leur tenir la main et les aider étape par étape. Et pendant ce lent voyage, douloureux pour beaucoup d’entre eux, il est acceptable d’utiliser temporairement certaines inexactitudes si elles vous aident à atteindre les étudiants. » Zivkovic, Bora (aka “Coturnix”), Why teaching evolution is dangerous, 25 August 2008.

Deuxième mensonge : L’évolution est un fait
Voici ce qu’Eugenie Scott, présidente du Centre (américain) pour l’enseignement de la science, a dit à ce sujet :

« À mon avis, aborder la création et l’évolution en tant que sujets d’exercices de pensée critique dans les écoles primaires et secondaires risque de troubler les élèves sur l’évolution et de les conduire à rejeter l’un des thèmes majeurs de la science. »

Pourtant, s’il s’agit vraiment d’un thème majeur de la science, d’un fait irréfutable, pourquoi cette théorie ne peut-elle pas supporter la moindre remise en question ? Il est évident que pour Scott, l’évolution et la religion scientifique la soutenant sont beaucoup plus que de simples lois scientifiques anodines comme la gravité ou la thermodynamique. Il s’agit de sa philosophie, de sa religion.

Voir : L’évolution : science ou religion ?

Lorsque les scientifiques prétendent être certains d’une chose qui se serait produite il y a 3 milliards d’années, ils sont assurément sortis du domaine de la science pure. On ne peut même pas prédire le temps qu’il fera dans un mois. Pourtant, le même genre de raisonnement par analogie s’applique. Bien sûr que l’évolution est appuyée par certaines données scientifiques, mais celles-ci doivent être filtrées par plusieurs présomptions matérialistes. Il s’agit fondamentalement d’une croyance religieuse. Le paradigme matérialiste prédétermine les preuves et les arguments qui seront considérés, ainsi que le fardeau de persuasion que devra supporter les preuves contradictoires.

Article : Mensonges enseignés pour supporter l’évolution
Article : Les preuves ‘incontournables’ de l’évolution

Michael Ruse, pourtant ardent évolutionniste, fait un aveu remarquable à cet effet :
« L’évolution est définie par ses praticiens comme étant plus qu’une science pure. Elle est promulguée comme une idéologie, une religion laïque, un remplacement à part entière du christianisme, avec un sens et une moralité. Je suis un évolutionniste ardent et un ancien chrétien, mais je dois admettre que, dans cette seule plainte […], les littéralistes ont tout à fait raison. L’évolution est une religion. Elle l’était au début, et l’est encore aujourd’hui. »

« L’évolution se présente donc comme une sorte d’idéologie laïque, un substitut explicite du christianisme. » – Philosophe canadien de la science, Michael Ruse, How evolution became a religion : creationists correct ? National Post, pp. B1, B3, B7 May 13, 2000.

« En fin de compte, la théorie darwinienne de l’évolution n’est ni plus ni moins que le grand mythe cosmogonique du XXe siècle. Comme la cosmologie fondée sur la Genèse qu’elle a remplacée, et comme les mythes de la création de l’homme antique, elle répond à la même nécessité psychologique profonde pour une explication globalisante de l’origine du monde qui a motivé tous les décideurs des mythes cosmogoniques du passé, des chamans des peuples primitifs jusqu’aux idéologues de l’église médiévale ». Denton, Michael, Evolution : A Theory in Crisis (Burnett Books, 1985), p. 358

Conclusion
La prochaine fois que vous entendrez, soit à l’école ou à la télé, qu’une chose est scientifique, je vous invite à réfléchir. Est-il question de la religion scientifique ou de la méthode scientifique ? Cette distinction éclairera bien des débats. Il suffit de faire le test de l’omniscience. Le scientifique est-il en train d’attribuer à sa discipline les qualités divines de l’omniscience et l’objectivité parfaite en considérant comme certain ce que la méthode scientifique ne pourrait jamais démontrer ? Si c’est le cas, ce qu’on vous présente est d’ordre religieux. Il n’y a rien de mal à écouter. Il suffit simplement de reconnaître que les scientifiques sont sortis de leurs domaines d’expertise et n’ont aucune autorité pour dire ce qu’ils disent. Soyez donc sceptiques.


Par Jonathan Martin. Tous droits réservés. Pour d’autres articles de Jonathan Martin, veuillez visiter son blogue à www.graceaujourdhui.com

 

2018-10-01T13:39:07+00:00